Garder la main
Testez-la sur ce que vous connaissez
Il n'y a pas de meilleure façon d'apprendre à la sentir : mettez-la à l'épreuve là où vous êtes bon. Vous repérerez en quelques minutes ce qu'elle fait très bien, et ce qu'elle bâcle.
Trois mises à l'épreuve
- Faites-lui chiffrer une prestation que vous facturez depuis des années. Vous verrez tout de suite si le compte y est.
- Posez-lui une question de votre métier dont vous connaissez la réponse par cœur — celle qu'un client vous pose tout le temps.
- Faites-lui résumer un document que vous venez de lire. Comparez avec ce que vous en aviez retenu.
Sur ces sujets-là, vous êtes juge. Vous voyez l'erreur, la nuance qui manque, le détail qui ne colle pas. C'est comme ça qu'on se fait une idée juste de ce qu'elle vaut — bien mieux qu'en lisant des avis sur internet.
Et c'est là qu'est le piège : sur un sujet que vous ne maîtrisez pas, vous n'avez aucun moyen de faire la différence.
Attention au contresens : il ne s'agit pas d'être expert pour avoir le droit de s'en servir — au contraire. Il s'agit de s'en servir surtout là où vous saurez juger le résultat. Et pour le reste, de garder un doute.
Vous verrez souvent la même chose : quand la réponse est décevante, ce n'est pas qu'elle « ne sait pas ». C'est qu'il lui manquait ce que vous seul saviez — le détail du chantier, l'habitude de ce client, la contrainte que vous n'avez pas dite. Redonnez-le-lui, et la réponse change.
Ce qui limite le résultat, ce n'est pas l'outil — c'est la façon de s'en servir. Et ça, ça s'apprend.